Enseigner le parler libanais

Mon enseignement du parler libanais commence en 2004 à Paris, d’abord au Foyer franco-libanais jusqu’en 2010, puis à l’IREMMO, où mes cours sont accueillis depuis plus de quinze ans. Cet enseignement est né presque par hasard, au croisement d’une sensibilité ancienne aux langues, aux accents et aux variations dialectales, et d’une opportunité concrète qui s’est présentée alors que j’étais encore étudiant.

Comme beaucoup, je pensais au départ que le dialecte relevait essentiellement de l’oral, de l’usage spontané, sans véritable structure grammaticale. Les premières séances reposaient sur l’imitation, la mémorisation de phrases et l’écoute. Très vite, cependant, les limites de cette approche sont apparues : les apprenants, notamment francophones, avaient besoin de repères, de règles, de principes explicites pour pouvoir progresser. Ce constat m’a conduit à un travail plus approfondi d’analyse du parler libanais, en m’appuyant sur la grammaire de l’arabe, sur les travaux existants, mais surtout sur une observation patiente et systématique de la langue telle qu’elle est réellement parlée.

Peu à peu, s’est imposée l’évidence que le parler libanais obéit à des règles précises, cohérentes, et qu’il constitue un système linguistique à part entière. J’ai alors entrepris de formaliser ces règles et de construire une méthode d’apprentissage progressive. Le choix de la phonétique s’est imposé naturellement, sans aucune arrière-pensée idéologique ou identitaire, mais par souci d’efficacité et de fidélité aux usages réels, tels qu’ils apparaissent notamment dans l’écriture informelle des Libanais eux-mêmes.

Ce travail a conduit à la publication successive de plusieurs manuels, chacun répondant à un besoin pédagogique précis, jusqu’à constituer une méthode complète aujourd’hui utilisée par un large public. À travers l’enseignement du dialecte, s’est peu à peu révélée une réalité plus profonde : le parler libanais est le lieu de mémoire d’une histoire longue et plurielle. Il plonge ses racines dans l’arabe littéraire, conserve la trace du syriaque, et porte les influences turques, françaises, anglaises, et même italiennes. Il donne accès non seulement à une langue, mais à une manière de penser, de sentir et de dire le monde.

Au fil des années, plus de 1300 personnes ont suivi mes cours jusqu’en 2026. La connaissance du syriaque et l’étude d’autres langues, notamment le turc, est venue confirmer et enrichir cette intuition : les langues dialoguent entre elles, et chacune éclaire les strates anciennes qui demeurent actives dans le parler libanais contemporain.

L’enseignement du parler libanais est aussi, pour moi, une histoire de rencontres. Les étudiants - venus de dizaines de nationalités, aux parcours et aux personnalités d’une grande richesse - que j’ai accompagnés au fil des années, ont largement contribué par leur écoute et leurs questionnements, à donner chair à ce travail. Ils ont toute mon affection et ma gratitude !

Les ouvrages constituant cette méthode sont présentés dans la section Livres de ce site.

Pour découvrir l’ensemble des cours, des ressources et des actualités liés à cet enseignement, vous pouvez consulter le site dédié :

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